Le produit intérieur brut du Vietnam a progressé de 9,95 % sur un an au troisième trimestre 2026, son rythme trimestriel le plus élevé depuis la pandémie. Derrière cette accélération portée par les exportations et l’investissement, le déficit commercial record et l’inflation appellent toutefois à la prudence.

Une croissance proche de 10 % au troisième trimestre
Les données publiées samedi 3 octobre par l’Office national des statistiques du Vietnam évaluent à 9,95 % la hausse du PIB entre juillet et septembre par rapport à la même période de 2025. Le deuxième trimestre a par ailleurs été révisé à 8,81 %. Cette accélération s’appuie sur une forte demande extérieure et sur l’effort d’investissement dans les infrastructures.
La production industrielle a augmenté de 16,7 % sur un an en septembre. Sur les neuf premiers mois, l’investissement total a lui aussi progressé de 16,7 %, tandis que les entrées d’investissements directs étrangers ont gagné 12,1 % pour atteindre 21,1 milliards de dollars. Ces chiffres dessinent une économie en expansion rapide, soutenue à la fois par l’appareil manufacturier, la consommation intérieure et les capitaux étrangers.
Les échanges bondissent, mais les importations davantage
Les exportations de marchandises ont atteint 59,48 milliards de dollars en septembre, soit une hausse de 39,1 % sur un an. Les importations ont toutefois progressé plus vite encore, de 45,8 %, à 58,21 milliards. Le pays a donc dégagé un excédent mensuel de 1,27 milliard de dollars.
Le tableau change sur l’ensemble des neuf premiers mois. Les exportations se sont élevées à 434,30 milliards de dollars, en hausse de 24,5 %, mais les importations ont grimpé de 36,7 % à 453,72 milliards. Le déficit commercial cumulé atteint ainsi 19,42 milliards de dollars, un niveau record selon les données reprises par Reuters.
La hausse du coût de l’énergie a contribué à cet écart. Les volumes de pétrole brut importés ont reculé de 13,5 %, mais leur valeur a augmenté de 14,4 %. Pour les carburants raffinés, les volumes ont progressé de 11,5 % et la facture de 79,3 %. Cette divergence rappelle qu’une forte activité industrielle peut s’accompagner d’une vulnérabilité accrue aux prix extérieurs.
Inflation et risque de surchauffe
Les prix à la consommation ont augmenté de 5,08 % sur un an en septembre, contre 4,89 % en août. Ce mouvement ne signifie pas, à lui seul, que l’économie est en surchauffe, mais il réduit la marge de manœuvre des autorités au moment où l’investissement et les importations accélèrent fortement.
La Banque asiatique de développement a relevé fin septembre sa prévision de croissance du Vietnam pour 2026 à 7,8 %, contre 7,2 % auparavant. L’institution juge les perspectives proches robustes, grâce à l’industrie, à la consommation et aux investissements étrangers, tout en signalant les risques liés à la demande mondiale, au prix de l’énergie et au durcissement des conditions financières.
La performance trimestrielle reste donc remarquable, mais elle ne se résume pas à un record. Le principal enjeu des prochains mois sera de convertir cette poussée en croissance durable sans laisser le déficit extérieur, l’inflation ou les contraintes électriques freiner l’activité.
