Le gouvernement britannique change de cap sur une rĂ©forme trĂšs contestĂ©e de la justice pĂ©nale. Il a annoncĂ© lâabandon de son projet visant Ă supprimer le recours au jury pour certaines affaires moins graves, aprĂšs plusieurs mois de critiques provenant notamment dâavocats et de responsables du monde judiciaire.
Une réforme qui avait provoqué une forte opposition
Le projet prĂ©voyait de rĂ©duire le nombre dâaffaires examinĂ©es devant un jury lorsque la peine de prison susceptible dâĂȘtre prononcĂ©e restait infĂ©rieure Ă un certain seuil. Ses dĂ©fenseurs y voyaient un moyen dâaccĂ©lĂ©rer le traitement des dossiers. Ses opposants estimaient au contraire quâil risquait dâaffaiblir un principe ancien du systĂšme judiciaire britannique.
Le ministĂšre de la Justice a finalement annoncĂ© que cette partie de la rĂ©forme serait abandonnĂ©e. Le gouvernement maintient nĂ©anmoins dâautres changements, notamment concernant les pouvoirs des magistratesâ courts et la possibilitĂ© de confier certaines affaires complexes de fraude Ă un juge sans jury.
PrĂšs de 81 000 dossiers en attente
Cette discussion intervient dans un contexte de forte pression sur la justice en Angleterre et au pays de Galles. Ă la fin du mois de juin, prĂšs de 81 000 affaires attendaient un procĂšs devant les Crown Courts, soit presque deux fois plus quâen 2020, selon les donnĂ©es rapportĂ©es par Reuters.
Ces dĂ©lais peuvent avoir des consĂ©quences importantes pour les victimes, les tĂ©moins et les personnes poursuivies, certaines procĂ©dures sâĂ©tendant sur plusieurs annĂ©es.
Le débat sur la justice reste ouvert
Lâabandon de la mesure la plus controversĂ©e ne rĂšgle donc pas la question de fond : comment rĂ©duire lâengorgement des tribunaux sans diminuer les garanties judiciaires ? Les organisations professionnelles continueront de suivre les autres mesures envisagĂ©es par le gouvernement.
Source principale : Reuters, informations publiées le 4 octobre 2026.
Pourquoi le jury occupe une place aussi sensible
Le recours au jury dans les affaires pĂ©nales les plus sĂ©rieuses est profondĂ©ment ancrĂ© dans la culture judiciaire britannique. Modifier son champ dâapplication ne constitue donc pas une simple mesure administrative. Câest prĂ©cisĂ©ment ce qui explique lâintensitĂ© du dĂ©bat entre le gouvernement, les professionnels du droit et les dĂ©fenseurs des garanties procĂ©durales.
Le gouvernement cherchait Ă rĂ©pondre Ă une difficultĂ© bien rĂ©elle : lâaccumulation des dossiers devant les Crown Courts. Mais les critiques estimaient que rĂ©duire le recours au jury risquait de traiter le symptĂŽme sans rĂ©soudre suffisamment les problĂšmes de capacitĂ©, de personnel et dâorganisation du systĂšme judiciaire.
Lâengorgement reste entier
Avec prĂšs de 81 000 affaires en attente Ă la fin juin selon les donnĂ©es rapportĂ©es par Reuters, les dĂ©lais constituent une pression considĂ©rable. Une audience repoussĂ©e ne signifie pas seulement un calendrier administratif plus long : victimes, tĂ©moins et personnes poursuivies peuvent rester pendant des mois, voire davantage, dans lâattente dâune dĂ©cision.
Le recul annoncĂ© sur les jurys ne fait donc pas disparaĂźtre la nĂ©cessitĂ© dâune rĂ©forme. Le gouvernement devra dĂ©sormais montrer comment il compte rĂ©duire le stock de dossiers tout en rĂ©pondant aux inquiĂ©tudes exprimĂ©es par les professions juridiques.
Ce qui pourrait encore changer
Dâautres mesures restent discutĂ©es, notamment lâĂ©largissement des compĂ©tences de juridictions infĂ©rieures et un traitement particulier de certaines affaires de fraude complexes. Chacune de ces pistes devra ĂȘtre examinĂ©e sĂ©parĂ©ment, car leurs effets sur les dĂ©lais et sur les droits des justiciables ne sont pas identiques.
Le changement de position du gouvernement constitue donc une Ă©tape importante, mais pas la fin du dossier. Le vĂ©ritable test sera la capacitĂ© des futures mesures Ă rĂ©duire durablement lâattente sans dĂ©placer les difficultĂ©s dâune juridiction vers une autre.
Image Ă la une : Royal Courts of Justice Ă Londres, photographie dâillustration, Wikimedia Commons, CC0.
