L’Organisation mondiale de la santé (OMS) participe à partir de ce 5 octobre 2026 à la pré-COP31 organisée aux Fidji, avec un objectif clair : faire de la santé un enjeu central des politiques climatiques qui seront discutées avant la COP31. L’organisation met particulièrement en avant la vulnérabilité des pays insulaires du Pacifique, où les conséquences du réchauffement touchent directement les infrastructures de santé, l’accès à l’eau, la sécurité alimentaire et la continuité des soins.
Une pré-COP31 du 5 au 8 octobre aux Fidji
Selon l’OMS, les discussions de Suva doivent permettre aux gouvernements du Pacifique, aux partenaires internationaux et aux acteurs de santé de consolider leurs priorités avant la COP31. Cette conférence climatique se tiendra le mois prochain à Antalya, en Turquie. La santé figure parmi les dix thèmes prioritaires de l’agenda d’action de la COP31, avec une journée dédiée prévue le 9 novembre.
Pour l’OMS, cette place plus importante accordée à la santé traduit une évolution du débat climatique. Il ne s’agit plus seulement de mesurer les émissions ou les dommages environnementaux : les politiques d’adaptation et d’atténuation sont aussi évaluées en fonction de leurs effets sur les populations, les hôpitaux, l’accès aux soins et les risques de maladies.
Des hôpitaux très exposés aux inondations et à la montée des eaux
L’OMS cite une revue portant sur 76 hôpitaux situés dans 14 pays insulaires du Pacifique. Selon cette analyse, 62 % de ces établissements se trouvent à moins de 500 mètres de la mer ou d’un cours d’eau. Cette proximité augmente leur exposition aux inondations, aux submersions marines et à la montée du niveau de la mer.
La question est particulièrement sensible dans une région où les cyclones, les vagues de chaleur, les pluies extrêmes et la salinisation des ressources en eau peuvent perturber des services essentiels. Un hôpital touché par une tempête n’est pas seulement un bâtiment endommagé : cela peut aussi signifier des interruptions de soins, des difficultés d’approvisionnement en médicaments et un déplacement forcé des patients.
Le climat agit aussi sur les maladies et l’alimentation
L’OMS rappelle que les effets sanitaires du changement climatique prennent plusieurs formes. Les fortes chaleurs augmentent les risques pour les personnes fragiles, les changements de température et de pluviométrie peuvent modifier la circulation de certaines maladies infectieuses, et les événements extrêmes peuvent dégrader l’accès à une alimentation sûre et à une eau potable de qualité.
Dans le Pacifique, ces risques sont renforcés par l’isolement géographique de nombreuses communautés et par la dépendance à des infrastructures parfois limitées. Une rupture de transport ou d’électricité peut avoir des conséquences rapides sur les stocks de médicaments, la chaîne du froid ou les communications d’urgence.
Financer des systèmes de santé capables de résister aux chocs
Parmi les demandes portées cette semaine figure la nécessité d’orienter davantage de financements climatiques vers les systèmes de santé. L’OMS estime que ces financements doivent atteindre les communautés et les services essentiels les plus exposés, en tenant compte des priorités définies localement.
Les investissements concernés peuvent aller du renforcement des bâtiments hospitaliers à l’amélioration des systèmes d’alerte, de la préparation aux catastrophes à la sécurisation des réseaux d’eau et d’énergie. L’objectif est de limiter les interruptions de soins lorsqu’un cyclone, une inondation ou une vague de chaleur frappe une île.
La santé présentée comme un bénéfice direct de l’action climatique
L’organisation insiste aussi sur les bénéfices sanitaires immédiats de certaines politiques climatiques. Le développement des énergies propres peut réduire la pollution de l’air, des transports plus durables peuvent favoriser l’activité physique, et des systèmes alimentaires plus résilients peuvent améliorer la sécurité nutritionnelle.
Cette approche vise à dépasser l’idée selon laquelle l’action climatique ne produirait des effets qu’à long terme. Pour l’OMS, des choix réalisés aujourd’hui dans l’énergie, les transports, l’urbanisme ou les infrastructures peuvent déjà améliorer la santé et réduire certaines inégalités.
Ce qu’il faut retenir
- La pré-COP31 du Pacifique se tient aux Fidji du 5 au 8 octobre 2026.
- L’OMS veut intégrer davantage la santé dans les politiques climatiques.
- 62 % des 76 hôpitaux examinés dans 14 pays insulaires du Pacifique sont situés à moins de 500 mètres de la mer ou d’un cours d’eau.
- La COP31 aura lieu en novembre à Antalya, en Turquie.
- Une journée dédiée à la santé est annoncée pour le 9 novembre.
Source principale : Organisation mondiale de la santé, communiqué du 5 octobre 2026. Image à la une : illustration éditoriale générée par IA, clairement signalée comme telle.
