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Royaume-Uni et Irlande : Maersk porte sa surtaxe carburant d’urgence à 20 %

Maersk portera à 20 % son supplément carburant d’urgence sur certaines opérations de transport terrestre au Royaume-Uni et en Irlande à partir du 12 octobre 2026. Le groupe danois invoque la hausse des coûts du carburant liée au conflit au Moyen-Orient. Cette mesure ne constitue pas une augmentation générale de 20 % de tous les tarifs maritimes du groupe : elle concerne les enlèvements à l’exportation et les livraisons à l’importation effectués par voie terrestre sur ces deux marchés.

Le porte-conteneurs Maersk Hanoi amarré au terminal du port de Koper, en Slovénie.
Le Maersk Hanoi au port de Koper en 2023. Photo d’archive : Petar Milošević/Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0. Cette image ne montre pas un événement du 8 octobre 2026.

Une surtaxe portée à 20 % dès le 12 octobre

Dans un avis tarifaire publié jeudi 8 octobre, Maersk annonce une hausse de son « Emergency Fuel Surcharge », ou supplément carburant d’urgence. Le nouveau taux de 20 % doit entrer en vigueur lundi 12 octobre. La compagnie indique qu’elle continuera à réexaminer régulièrement ce niveau en fonction de l’évolution des coûts énergétiques.

Le périmètre est essentiel pour comprendre la décision. L’avis porte sur les prestations terrestres associées aux flux de conteneurs au Royaume-Uni et en Irlande : enlèvement d’une marchandise destinée à l’exportation ou livraison intérieure après une importation. Il ne s’agit donc ni d’une taxe publique, ni d’une majoration uniforme appliquée à tous les clients de Maersk dans le monde, ni d’une hausse automatique de 20 % de chaque facture de fret maritime.

Le transport routier directement exposé au prix du carburant

Pour une compagnie intégrée comme Maersk, la chaîne logistique ne s’arrête pas au port. Elle comprend aussi le trajet du conteneur entre le terminal, l’entrepôt et le site du client. Ces opérations intérieures utilisent principalement des camions et sont donc rapidement touchées par une hausse du gazole. Les suppléments carburant servent à ajuster une partie du tarif lorsque l’énergie évolue plus vite que les prix négociés dans les contrats.

Maersk attribue cette nouvelle révision aux tensions persistantes au Moyen-Orient. Les marchés pétroliers ont de nouveau fortement progressé jeudi, dans un contexte d’attaques visant la navigation dans le Golfe et près du détroit d’Ormuz. En parallèle, la menace de l’ouragan Isaias sur les installations du golfe du Mexique a conduit plusieurs producteurs à réduire leurs opérations offshore aux États-Unis.

Un pétrole au-dessus de 100 dollars dans la matinée

Vers 11 heures à Paris, le baril de Brent gagnait un peu plus de 4 % et évoluait autour de 102 dollars, selon les données de marché rapportées par Reuters. Le WTI américain progressait dans des proportions comparables, près de 92 dollars. Ces cotations peuvent varier rapidement au cours d’une séance ; elles décrivent le marché jeudi matin et ne constituent pas un prix garanti pour la clôture.

La hausse reflète surtout une prime de risque sur l’approvisionnement. Les opérateurs redoutent qu’une multiplication des incidents maritimes ralentisse davantage les passages dans le détroit d’Ormuz, corridor majeur pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié. Le nombre de navires de matières premières qui l’ont franchi a récemment atteint son niveau le plus faible depuis plus de deux mois, même si une partie des exportations régionales utilise d’autres itinéraires.

Quel impact pour les entreprises et les consommateurs ?

À court terme, la mesure concerne d’abord les importateurs et exportateurs ayant recours aux prestations intérieures de Maersk au Royaume-Uni ou en Irlande. Son effet final dépendra du contrat, de la distance parcourue, du nombre de conteneurs et de la capacité de l’entreprise cliente à absorber le surcoût. Certaines sociétés pourront le prendre à leur charge ; d’autres pourront en répercuter une partie dans leurs prix.

Il serait cependant prématuré d’en déduire une hausse générale immédiate des prix en Europe. Une surtaxe logistique ne représente qu’une composante du coût total d’un produit. La valeur de la marchandise, le fret maritime, les droits de douane, le stockage, la distribution et la concurrence jouent également un rôle. L’effet sera probablement plus visible pour les marchandises lourdes ou volumineuses et pour les chaînes reposant sur de fréquents trajets de conteneurs.

Un signal supplémentaire de tension sur les chaînes logistiques

Cette annonce intervient alors que le transport maritime fait déjà face à des coûts de sécurité plus élevés, à des détours de navires et à une forte volatilité des carburants. Les entreprises qui importent au Royaume-Uni et en Irlande devront désormais intégrer le taux de 20 % dans leurs calculs pour les prestations entrant dans le périmètre de l’avis.

La décision reste réversible : Maersk précise que le supplément sera réévalué régulièrement. Une détente durable du pétrole pourrait conduire à une réduction, tandis qu’une aggravation des perturbations énergétiques pourrait maintenir la pression. À ce stade, les seuls éléments certains sont le taux annoncé, sa date d’application et son champ géographique limité.


Sources : Maersk, avis tarifaire du 8 octobre 2026 ; Reuters, 8 octobre 2026 ; Reuters, cours du pétrole et contexte énergétique, 8 octobre 2026 ; Wikimedia Commons, photo et licence.

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