Une crue soudaine provoquée par un glissement de terrain a emporté des habitations et des infrastructures dimanche 11 octobre dans le district de Gorkha, au Népal. Les autorités ont demandé aux habitants de plusieurs secteurs en aval de gagner des zones sûres. Aucun décès n’était signalé lors des premières évaluations, encore incomplètes.

Une obstruction en amont, puis une montée brutale des eaux
L’alerte a été donnée avant l’aube dans la haute vallée de la Budhi Gandaki. Selon le chef du district de Gorkha, cité par le média népalais Onlinekhabar, les autorités ont reçu vers 4 h 35, heure locale, les premières informations faisant état d’une crue majeure. Le président de la municipalité rurale de Chumnubri a indiqué qu’un glissement de terrain avait obstrué le Chumke Khola, un cours d’eau de Chumnubri-6, avant qu’une masse d’eau ne se déverse vers la Budhi Gandaki.
Reuters rapporte qu’un glissement de terrain survenu par temps sec a formé une obstruction naturelle dans ce secteur montagneux, à environ 100 kilomètres à l’ouest de Katmandou. Lorsque l’eau retenue a trouvé un passage, la crue a frappé l’aval. Plusieurs maisons et éléments d’infrastructure ont été emportés, mais l’étendue exacte des dégâts restait à établir au lever du jour.
Des évacuations le long de la Budhi Gandaki
La priorité des autorités est d’éloigner les habitants du lit de la rivière et des berges basses. L’Associated Press indique que l’Autorité nationale népalaise de réduction et de gestion des risques de catastrophe a ordonné l’évacuation des communautés exposées et demandé à la population de rester vigilante jusqu’à la fin de la journée de dimanche. Des opérations d’évacuation ont notamment été signalées dans le secteur d’Arughat, plus en aval.
À Chumnubri, des habitants de Sallery et de Jagat Bazaar ont également quitté les zones jugées dangereuses, selon Onlinekhabar. La Division népalaise de prévision des crues a diffusé des alertes par SMS aux communautés riveraines. Sur son portail, le Département d’hydrologie et de météorologie du Népal centralise les bulletins de prévision et le dispositif d’alerte hydrologique du pays.
Un bilan encore provisoire
Au moment de la rédaction, aucun décès n’avait été rapporté par Reuters, l’AP ou les autorités locales citées par Onlinekhabar. Cette absence de bilan humain confirmé ne signifie pas que la zone est entièrement inspectée : les communications sont difficiles dans les vallées encaissées du massif du Manaslu et les premières informations arrivent par étapes.
L’administration du district préparait l’envoi d’un hélicoptère de l’armée afin d’observer les secteurs les plus difficiles d’accès et de préciser l’ampleur des destructions. Les chiffres peuvent donc évoluer après les reconnaissances au sol et aériennes. Toute estimation de victimes ou de dommages circulant avant ces contrôles doit être considérée avec prudence.
Pourquoi une retenue naturelle peut devenir dangereuse
Dans les reliefs himalayens, un glissement de terrain peut déposer en quelques instants des blocs, des sédiments et des troncs dans un cours d’eau. Ce barrage improvisé peut retenir un volume croissant d’eau. S’il cède, s’érode ou est contourné, la vidange est susceptible de produire une vague rapide, chargée de boue et de débris. C’est un phénomène différent d’une crue lente liée uniquement à des pluies prolongées.
La topographie accentue le danger : les villages, les routes et les passerelles occupent souvent les rares surfaces disponibles au fond des vallées. Une hausse soudaine du niveau de l’eau laisse alors peu de temps pour réagir. L’événement de dimanche rappelle aussi que le risque ne disparaît pas automatiquement avec la fin des pluies : la stabilité des versants et des barrages naturels doit être vérifiée séparément.
Ce que les autorités demandent
- quitter les berges, les zones basses et les constructions proches du lit de la Budhi Gandaki dans les secteurs visés par l’alerte ;
- suivre les consignes de l’administration locale et les messages de la Division de prévision des crues ;
- ne pas revenir dans les secteurs évacués avant la levée officielle de l’alerte ;
- éviter les ponts, passerelles et routes fragilisés tant qu’ils n’ont pas été inspectés.
Les prochaines heures doivent permettre de déterminer si d’autres poches d’eau subsistent en amont et si la rivière retrouve un écoulement stable. Le principal enjeu est désormais double : maintenir les habitants hors de portée d’une nouvelle vague et établir un bilan fiable, sans confondre les premières alertes avec une évaluation définitive.
Sources
- Reuters, 11 octobre 2026.
- Associated Press, 11 octobre 2026.
- Onlinekhabar, 11 octobre 2026.
- Département d’hydrologie et de météorologie du Népal, portail officiel consulté le 11 octobre 2026.
- Wikimedia Commons, photographie de Jay Ramji, 27 octobre 2018, licence CC BY-SA 2.0.
