Plusieurs manifestants ont été interpellés samedi à New Delhi, au deuxième jour d’une mobilisation contre la révision des listes électorales. Les accusations de favoritisme politique restent contestées par la Commission électorale, qui défend une opération de vérification des inscriptions.

Une deuxième journée de rassemblement sous restrictions
Environ une centaine de personnes ont marché samedi vers Jantar Mantar, site habituel des manifestations dans le centre de New Delhi, avant de franchir une première rangée de barricades, selon un journaliste de Reuters présent sur place. La police a ensuite interpellé plusieurs participants. Elle n’a pas communiqué à Reuters leur nombre exact ni leur identité.
Le député indépendant Kapil Sibal, l’avocat Prashant Bhushan, l’activiste Yogendra Yadav et Neha Bora, présidente de l’All India Students’ Association, figuraient parmi les personnes présentes. The Indian Express rapporte que Bora et Yadav ont été emmenés par la police samedi. Ces interpellations ne doivent pas être confondues avec une condamnation judiciaire.
Les listes électorales au cœur du différend
Les participants demandent la démission du président de la Commission électorale, Gyanesh Kumar. Ils affirment que la « Special Intensive Revision » des listes risque d’écarter des électeurs éligibles et d’avantager le Bharatiya Janata Party du Premier ministre Narendra Modi. Ces affirmations relèvent des manifestants et de partis d’opposition : aucune preuve indépendante d’une manipulation au profit du parti au pouvoir n’a été établie dans les sources consultées.
La Commission électorale présente au contraire la révision comme un moyen d’éliminer les doublons ainsi que les inscriptions de personnes décédées ou inéligibles. Dans une directive datée du 1er octobre, elle a demandé l’organisation d’une campagne spéciale d’inscription pour les nouveaux électeurs et les personnes omises des listes. Son portail permet également de vérifier une inscription et de déposer une nouvelle demande.
Des versions à distinguer
La police affirme que la marche de samedi n’avait pas été autorisée et que des restrictions sur les rassemblements étaient en vigueur dans le district de New Delhi. Les manifestants dénoncent, eux, une entrave à leur droit de contester le processus électoral. Gyanesh Kumar n’avait pas répondu publiquement samedi aux demandes de démission rapportées par Reuters.
La veille, la police avait déjà empêché un rassemblement au même endroit. The Indian Express a fait état d’environ 550 personnes retenues vendredi à Delhi, tandis qu’une manifestation distincte se déroulait à Mumbai. Plusieurs personnes ont ensuite été relâchées, et des procédures ont été ouvertes pour violation présumée des restrictions de rassemblement.
Un mouvement de jeunesse relancé
La mobilisation est soutenue par le Cockroach Janta Party, un mouvement de jeunesse né en ligne, ainsi que par des organisations étudiantes, des associations et des partis d’opposition. L’Associated Press avait documenté vendredi le lancement de cette nouvelle campagne nationale à Mumbai et les premières interpellations à Delhi.
Le nouvel épisode du 3 octobre prolonge donc un mouvement entamé la veille, tout en ajoutant un fait distinct : le retour de manifestants vers Jantar Mantar et de nouvelles interpellations. La situation reste évolutive et les chiffres avancés par les différents acteurs doivent être rapportés avec leur source et leur date.
Sources : Reuters, 3 octobre 2026 ; The Indian Express, mises à jour des 2 et 3 octobre ; Commission électorale de l’Inde, directive du 1er octobre ; Associated Press, 2 octobre.
