Plus de 250 personnes exposées au virus Ebola Bundibugyo participent en République démocratique du Congo à un essai de prophylaxie post-exposition. Le médicament oral obeldesivir reste expérimental : son efficacité contre cette souche n’est pas encore démontrée.

Un traitement préventif administré après une exposition
L’essai EBO-PEP, lancé en juillet dans la province de l’Ituri, évalue l’obeldesivir chez des personnes qui ont été en contact avec un cas confirmé mais ne présentent pas de symptômes. Ce comprimé antiviral, développé par Gilead, est testé comme prophylaxie post-exposition : l’objectif est d’empêcher la maladie de se déclarer après un contact à risque, et non de traiter une infection déjà symptomatique.
Selon l’Associated Press, qui a visité le centre d’essai de Rwampara, plus de 250 participants ont été recrutés. Le protocole vise près de 1 000 adultes et adolescents de 12 ans ou plus, inscrits dans les cinq jours suivant l’exposition. La moitié reçoit un placebo. Tous sont suivis quotidiennement pendant 21 jours, puis contactés une dernière fois au 42e jour.
Ce que l’essai peut — et ne peut pas encore — montrer
Le recrutement de centaines de contacts constitue une étape importante, mais il ne permet pas encore de conclure que l’obeldesivir protège contre Ebola. Les résultats devront comparer le nombre de maladies déclarées dans le groupe traité et dans le groupe placebo, tout en évaluant les effets indésirables. Les participants qui développent des symptômes doivent recevoir immédiatement des soins de soutien.
Le site officiel de l’étude EBO-PEP présente l’obeldesivir comme une intervention expérimentale. L’essai est coordonné par l’organisation médicale ALIMA avec, notamment, l’Institut national de recherche biomédicale congolais et l’ANRS Maladies infectieuses émergentes. Il faut donc distinguer cette recherche clinique d’un médicament homologué ou déjà recommandé à grande échelle.
Une souche sans contre-mesure homologuée spécifique
L’épidémie actuelle est provoquée par le virus Bundibugyo. L’Organisation mondiale de la santé souligne qu’il n’existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé contre cette souche. Le vaccin Ervebo, conçu contre le virus Ebola Zaïre, est lui aussi étudié dans ce contexte : son utilisation ne constitue pas une preuve d’efficacité contre Bundibugyo.
Les Centers for Disease Control and Prevention américains, dans une mise à jour datée du 1er octobre, décrivent l’épidémie comme la deuxième plus importante jamais recensée et nettement plus rapide que les épisodes précédents. Les données restent évolutives. Le bilan publié la veille par Salade Info faisait état de plus de 4 000 morts ; le nouvel essai apporte un angle de recherche, sans modifier à lui seul la situation épidémiologique.
Pourquoi le suivi des contacts reste décisif
Une personne infectée par Ebola ne transmet le virus qu’après l’apparition des symptômes, rappelle l’OMS. La période d’incubation peut durer de deux à 21 jours. Identifier rapidement les contacts, les suivre et isoler sans délai les personnes qui tombent malades demeure donc central, même pendant l’évaluation de nouveaux médicaments.
Les équipes de l’essai signalent toutefois des obstacles pratiques : éloignement des centres, insécurité, difficultés de déplacement et deuils au sein des familles. Ces contraintes peuvent ralentir le recrutement et compliquer le suivi complet des participants. Les résultats devront être analysés avec ces limites avant toute décision sanitaire.
Sources : Associated Press, 3 octobre 2026 ; OMS Afrique, page de suivi de l’épidémie Bundibugyo en RDC ; CDC, situation mise à jour le 1er octobre 2026 ; site de l’essai EBO-PEP.
