Le ministère public portugais a ouvert une enquête sur la légalité de l’utilisation de la base aérienne de Lajes, aux Açores, par les États-Unis pendant le conflit avec l’Iran. La procédure fait suite à une plainte du Bloc de gauche et ne constitue, à ce stade, ni un constat d’illégalité ni une mise en accusation.

Une enquête ouverte après une plainte de l’opposition
La Procuradoria-Geral da República a confirmé l’ouverture d’une enquête destinée à déterminer si les autorisations accordées aux forces américaines pour utiliser Lajes ont respecté le droit applicable. Selon le parquet, la procédure a été déclenchée par une plainte déposée par des membres du Bloc de gauche, parti d’opposition.
L’information a d’abord été relayée au Portugal dans la soirée du vendredi 2 octobre par l’agence Lusa et la radio-télévision publique RTP, puis reprise samedi 3 octobre par Reuters. Le parquet n’a pas détaillé les actes d’enquête envisagés ni identifié d’éventuels suspects. L’ouverture d’un dossier est une étape de vérification : elle ne préjuge pas de ses conclusions.
Ce que prévoit l’accord sur Lajes
La base de Lajes se trouve sur l’île de Terceira, dans l’archipel portugais des Açores. Sa position au milieu de l’Atlantique en fait depuis des décennies un point de transit stratégique pour les forces américaines, l’OTAN et leurs alliés.
D’après Reuters, l’accord bilatéral permet aux États-Unis d’utiliser la base sans autorisation préalable en temps de paix. Une approbation portugaise est toutefois requise lorsque des hostilités sont engagées. Lisbonne a autorisé plusieurs vols américains à transiter par Lajes pendant le conflit avec l’Iran, un choix contesté par des formations de gauche et débattu au Parlement.
Le gouvernement défend la conformité de sa décision
Le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Rangel, soutient que son pays n’est pas partie au conflit et que l’utilisation de Lajes respecte l’accord bilatéral ainsi que le droit international. Il avait expliqué au printemps que l’autorisation avait été donnée après des assurances américaines présentant les opérations comme défensives, nécessaires, proportionnées et limitées à des objectifs militaires.
Le ministère des Affaires étrangères n’a pas souhaité commenter l’ouverture de l’enquête auprès de Reuters. Le Bloc de gauche estime au contraire que l’usage de la base doit être examiné au regard du droit international. Ces deux positions restent des appréciations politiques et juridiques opposées ; il appartiendra à l’enquête d’établir les faits et le cadre précis des autorisations.
Pourquoi l’ouverture d’une enquête ne tranche pas le fond
Au Portugal, le ministère public est soumis au principe de légalité : lorsqu’un signalement contient des éléments susceptibles de relever d’une infraction, il doit procéder aux vérifications nécessaires. Cette obligation explique l’ouverture d’un « inquérito », phase préparatoire au cours de laquelle les procureurs rassemblent les informations avant de décider s’il existe ou non matière à poursuivre.
À ce stade, aucune décision judiciaire n’a conclu que le gouvernement portugais ou les autorités américaines avaient enfreint la loi. Les prochaines étapes dépendront des documents recueillis, notamment les demandes de transit, les autorisations délivrées et les conditions dans lesquelles la base a été utilisée.
