Rohit Prasad prend ce mercredi 7 octobre 2026 la direction générale de Boston Dynamics, le fabricant des robots Spot, Stretch et Atlas. Ancien responsable de l’intelligence artificielle chez Amazon, il arrive avec une mission annoncée par l’entreprise : rapprocher les progrès de l’IA des usages concrets de la robotique dans les activités industrielles et commerciales.

Une prise de fonctions effective aujourd’hui
La date mérite d’être précisée : le communiqué de Boston Dynamics a été publié le 6 octobre, mais fixe explicitement l’entrée en fonctions au 7 octobre. Reuters confirme cette transition dans une dépêche publiée mercredi. Il succède à Robert Playter, parti en février.
Le nouveau dirigeant a travaillé douze ans chez Amazon, où il a notamment contribué au développement d’Alexa et dirigé les travaux sur la famille de modèles Nova. Auparavant, il avait passé près de quatorze ans chez Raytheon BBN Technologies. Son arrivée au conseil d’administration de Boston Dynamics reste soumise aux approbations nécessaires, précise l’entreprise.
Ce que recouvre la stratégie d’« IA physique »
Boston Dynamics présente cette nomination comme un moyen d’accélérer sa stratégie de Physical AI, ou IA physique. L’objectif affiché est de faire progresser l’autonomie et l’adaptation des machines pour étendre leurs applications réelles. Ce sont les ambitions du fabricant : elles ne constituent pas, à elles seules, la démonstration de performances nouvelles ni une annonce de commercialisation immédiate de chaque projet.
Spot : collecter des données en se déplaçant
Le robot quadrupède Spot, photographié en illustration de cet article, représente un premier volet de cette activité. Boston Dynamics le propose pour effectuer des inspections et collecter des données sur des installations. Sa mobilité permet d’emporter des instruments dans différents espaces, plutôt que de limiter les observations à un capteur fixe.
Le constructeur décrit plusieurs usages : rondes dans des usines, suivi de chantiers, surveillance d’équipements ou exploration de zones potentiellement dangereuses. Des capteurs spécialisés peuvent servir à repérer une anomalie thermique, à effectuer une inspection visuelle ou à rechercher certains bruits. L’intérêt de la machine dépend donc aussi de ce qu’elle mesure, de la régularité des relevés et de la manière dont les équipes exploitent ces informations.
Sur sa page produit, Boston Dynamics indique que Spot peut recharger sa batterie de façon autonome et adapter son déplacement à des obstacles. Il s’agit de capacités décrites par le fabricant, à apprécier selon la mission et les conditions du site. Elles ne signifient pas qu’un même robot peut accomplir n’importe quelle tâche sans préparation.
Stretch : un autre robot, pour les cartons
La gamme comprend aussi Stretch, destiné à la manutention de cartons dans les entrepôts. Ici, le problème à résoudre change : saisir des colis, les déplacer et maintenir un flux logistique. Le fabricant met notamment en avant le déchargement de remorques et de conteneurs, ainsi que la préparation de commandes.
Cette spécialisation rappelle qu’une entreprise de robotique ne se résume pas à une machine spectaculaire. Inspection et manutention exigent des équipements, des environnements et des critères de réussite différents. Pour Stretch, Boston Dynamics annonce la gestion de plusieurs formats de colis et des réactions aux changements de position des cartons. Ces fonctions doivent être distinguées des promesses plus générales associées à l’intelligence artificielle.
Atlas : l’ambition d’un humanoïde industriel
Avec Atlas, Boston Dynamics vise des opérations industrielles réalisées par un robot de forme humanoïde. Sa présentation insiste sur la manipulation de matériaux et l’intégration dans les postes de travail. Le constructeur met aussi en avant la possibilité de déployer un apprentissage sur plusieurs machines et de changer automatiquement de batterie.
Ces orientations donnent une idée du défi confié au nouveau dirigeant : transformer des capacités techniques en opérations répétables dans une entreprise. Notre lecture de cette stratégie est que la valeur se jouera autant dans l’intégration aux procédures de travail, la maintenance et la supervision que dans la seule démonstration d’un mouvement.
Les prochains résultats à observer
Pour évaluer cette nouvelle étape, il faudra suivre les applications effectivement déployées, les conditions dans lesquelles elles fonctionnent et les résultats communiqués par les utilisateurs. La nomination de Rohit Prasad est confirmée ; les gains d’efficacité attendus et l’élargissement des usages restent, eux, des objectifs à vérifier dans la durée. L’annonce du jour ne permet pas de chiffrer un effet sur les emplois ni de conclure à une autonomie générale des robots.
