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Flock Safety prévoit de supprimer environ 270 postes, selon Reuters

La sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine Flock Safety prĂ©voit de se sĂ©parer d’environ 270 salariĂ©s, soit prĂšs de 18 % de ses effectifs, selon des informations publiĂ©es par Reuters ce vendredi 9 octobre. L’entreprise, qui commercialise des camĂ©ras capables de lire automatiquement les plaques d’immatriculation, n’a pas confirmĂ© publiquement ce plan et a refusĂ© de commenter.

Caméra automatique de lecture de plaques Flock Safety montée sous un panneau solaire au Colorado
CamĂ©ra Flock Safety photographiĂ©e dans le comtĂ© de Jackson, Colorado, le 25 mai 2026. Photo d’archive, sans lien direct avec les suppressions de postes rapportĂ©es le 9 octobre. CrĂ©dit : Tony Webster/Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0.

Un plan rapportĂ© par Reuters, pas encore annoncĂ© par l’entreprise

Reuters indique, en citant plusieurs personnes ayant une connaissance directe du dossier, que les dĂ©parts doivent intervenir aprĂšs un programme de sĂ©paration volontaire lancĂ© en septembre. Environ 270 personnes seraient concernĂ©es sur un effectif proche de 1 500 salariĂ©s. Les employĂ©s retenus quitteraient majoritairement l’entreprise Ă  la fin du mois d’octobre.

Le calendrier donne du poids Ă  cette information : selon un courriel interne consultĂ© auparavant par le magazine Wired, les salariĂ©s avaient jusqu’au 2 octobre pour dĂ©poser leur candidature au programme et devaient ĂȘtre informĂ©s de la dĂ©cision de l’entreprise le 9 octobre. Wired prĂ©cisait que la plupart des dĂ©parts acceptĂ©s Ă©taient attendus le 29 octobre, avec la possibilitĂ© de quelques prolongations.

Il faut nĂ©anmoins conserver une distinction claire entre les Ă©lĂ©ments documentĂ©s et ce qui reste Ă  confirmer. Flock Safety n’a pas publiĂ© de communiquĂ© dĂ©taillant le nombre de postes supprimĂ©s. SollicitĂ©e par Reuters, la sociĂ©tĂ© a refusĂ© de commenter. Le chiffre de 270 salariĂ©s et la proportion de 18 % reposent donc, Ă  ce stade, sur les sources du mĂ©dia.

Une croissance rapide financée par le capital-risque

FondĂ©e Ă  Atlanta en 2017, Flock Safety s’est dĂ©veloppĂ©e autour d’un rĂ©seau de camĂ©ras installĂ©es le long des rues et des routes amĂ©ricaines. Ces appareils photographient les vĂ©hicules et utilisent des logiciels pour lire les plaques, reconnaĂźtre certaines caractĂ©ristiques et permettre des recherches dans les donnĂ©es collectĂ©es.

D’aprĂšs Reuters, le rĂ©seau compterait environ 120 000 camĂ©ras rĂ©parties dans 49 États. La sociĂ©tĂ© affirme fournir ses outils Ă  plus de 4 800 services chargĂ©s de l’application de la loi ainsi qu’à prĂšs de 1 000 entreprises. Elle prĂ©sente sa technologie comme un moyen d’accĂ©lĂ©rer les enquĂȘtes, notamment aprĂšs un vol de voiture ou lorsqu’un vĂ©hicule recherchĂ© est dĂ©tectĂ©.

Cette expansion a attirĂ© d’importants investisseurs. Reuters chiffre Ă  plus de 950 millions de dollars les capitaux levĂ©s par Flock, dont une opĂ©ration de 275 millions menĂ©e en mars par Andreessen Horowitz. Cette derniĂšre levĂ©e valorisait l’entreprise Ă  7,5 milliards de dollars et devait notamment soutenir une usine aux États-Unis ainsi qu’une diversification vers les drones.

Ce que les caméras enregistrent

La politique officielle de Flock dĂ©finit ses lecteurs de plaques comme des camĂ©ras automatisĂ©es Ă  grande vitesse associĂ©es Ă  un traitement informatique. Le systĂšme peut enregistrer l’image de la plaque et du vĂ©hicule, le numĂ©ro et l’État d’immatriculation, la couleur ou la marque du vĂ©hicule, ainsi que la date, l’heure et l’emplacement de la camĂ©ra.

L’entreprise affirme que les recherches effectuĂ©es dans le systĂšme sont journalisĂ©es afin de faciliter les audits et que les clients restent propriĂ©taires de leurs donnĂ©es. Sa politique indique aussi une conservation par dĂ©faut de sept jours, durĂ©e qui peut varier selon les rĂšgles ou les besoins du client. Flock dit ne pas vendre ces donnĂ©es Ă  des fins commerciales et prĂ©voit des exceptions lorsque leur communication est imposĂ©e par la loi ou jugĂ©e nĂ©cessaire dans certaines situations de sĂ©curitĂ©.

Ces garanties revendiquĂ©es par l’entreprise n’ont pas Ă©teint le dĂ©bat. Les critiques portent sur l’ampleur du rĂ©seau, les modalitĂ©s de partage entre organismes et la possibilitĂ© de suivre les dĂ©placements d’un vĂ©hicule sans mandat judiciaire. Pour les dĂ©fenseurs de ces outils, leur intĂ©rĂȘt rĂ©side dans la rapiditĂ© avec laquelle ils peuvent signaler une voiture recherchĂ©e. Pour leurs opposants, la multiplication des camĂ©ras crĂ©e une infrastructure de surveillance trop vaste et insuffisamment contrĂŽlĂ©e.

La contestation devient un risque commercial et politique

Reuters relie le projet de suppressions de postes Ă  une pĂ©riode de contestation croissante. La Floride a notamment interdit en septembre les lecteurs automatiques de plaques sur ses autoroutes d’État, en invoquant des inquiĂ©tudes liĂ©es Ă  la vie privĂ©e. Flock fait Ă©galement face Ă  une procĂ©dure en Virginie contestant le dĂ©ploiement Ă©tendu de ses camĂ©ras comme une forme de surveillance sans mandat.

Le sujet dĂ©passe dĂ©sormais les seuls dĂ©bats techniques. Des collectivitĂ©s rĂ©examinent leurs contrats, des investisseurs demandent davantage de transparence et l’usage de ces camĂ©ras est devenu un thĂšme de campagne aux États-Unis. Un sondage Reuters/Ipsos citĂ© par l’agence fait apparaĂźtre une opinion divisĂ©e : 47 % des personnes interrogĂ©es s’opposaient Ă  l’utilisation de camĂ©ras Flock dans leur communautĂ©, contre 38 % qui la soutenaient.

Le programme de dĂ©parts volontaires constitue donc un test pour une entreprise encore fortement financĂ©e et en phase d’expansion. Il ne prouve pas, Ă  lui seul, un effondrement de l’activitĂ©. Il montre en revanche que les controverses sur la surveillance peuvent dĂ©sormais peser sur les effectifs, la confiance des clients publics et la stratĂ©gie de croissance d’un acteur majeur de la sĂ©curitĂ© algorithmique.

Les points Ă  surveiller

  • une Ă©ventuelle confirmation officielle du nombre de dĂ©parts par Flock Safety ;
  • la rĂ©partition des postes concernĂ©s et l’impact sur les projets de drones ou la production amĂ©ricaine ;
  • les dĂ©cisions des collectivitĂ©s qui rĂ©examinent leurs contrats ;
  • les suites des procĂ©dures judiciaires et des projets de rĂ©glementation sur les lecteurs de plaques ;
  • l’évolution des rĂšgles de conservation, d’accĂšs et de partage des donnĂ©es.

Sources

  • Reuters, 9 octobre 2026 — projet de suppressions de postes, effectifs, financement et contexte rĂ©glementaire.
  • Wired — programme de dĂ©parts volontaires et calendrier communiquĂ© aux salariĂ©s.
  • Flock Safety — politique officielle sur les donnĂ©es collectĂ©es, les accĂšs, les audits et la conservation.
  • Wikimedia Commons — source, auteur et licence de la photographie.

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