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Pétrole : les cours reculent après des signes de dialogue entre Washington et Téhéran

Chevalet de pompage pétrolier dans le bassin permien au Texas
Chevalet de pompage dans le bassin permien, Texas, photographié le 4 mars 2026. Photo d’archive : Quintin Soloviev/Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0. Cette image ne montre pas les discussions américano-iraniennes.

Les cours du pétrole reculaient vendredi 9 octobre au matin après des déclarations américaines évoquant des discussions avec l’Iran et l’absence de frappe avant les élections américaines de novembre. Le mouvement apaise temporairement la prime de risque géopolitique, sans faire disparaître les tensions sur le détroit d’Ormuz, les sanctions ni les perturbations dans le golfe du Mexique.

Le Brent et le WTI en baisse vendredi matin

À 4 h 50 GMT vendredi, les contrats à terme sur le Brent perdaient 1,37 dollar, soit 1,3 %, à 102,91 dollars le baril, selon les données rapportées par Reuters. Le West Texas Intermediate américain reculait de 1,09 dollar, soit 1,2 %, à 90,40 dollars. Ces cotations constituent un instantané de marché : elles peuvent évoluer rapidement au fil de la séance.

L’Associated Press relevait également un reflux des prix tôt vendredi, après une séance de jeudi particulièrement instable. Le Brent avait gagné plus de 4 % avant de se retourner lorsque Donald Trump a affirmé que des discussions « productives » étaient en cours avec Téhéran et qu’aucune attaque américaine n’était prévue avant les élections de mi-mandat du 3 novembre.

Le détroit d’Ormuz reste au centre du marché

L’Iran examine parallèlement la réponse américaine à une proposition susceptible, selon l’agence iranienne Tasnim citée par Reuters, de permettre une réouverture du détroit d’Ormuz dans un délai de sept jours. Il s’agit à ce stade d’un processus diplomatique rapporté, pas d’un accord conclu ni d’un calendrier garanti.

Le détroit demeure déterminant pour l’équilibre énergétique mondial. Avant le conflit, les volumes de pétrole et de produits raffinés qui y transitaient représentaient environ un cinquième des expéditions mondiales, selon Reuters. Toute amélioration durable de la sécurité maritime pourrait réduire les coûts de transport et d’assurance ; à l’inverse, un échec des discussions entretiendrait une forte volatilité.

Les sanctions américaines continuent

Le signal diplomatique ne s’accompagne pas d’une levée de la pression économique. Washington a annoncé jeudi de nouvelles sanctions visant des personnes, des réseaux et 17 navires accusés de transporter du brut, des produits pétroliers et des produits pétrochimiques iraniens. Le marché doit donc intégrer deux forces opposées : l’espoir d’une désescalade et la poursuite des restrictions commerciales.

Cette contradiction explique en partie les mouvements rapides observés cette semaine. Le Brent reste orienté vers une hausse hebdomadaire malgré son recul de vendredi matin, tandis que le WTI se dirigeait vers une légère baisse sur la semaine.

Stocks stratégiques et carburants raffinés

L’Agence internationale de l’énergie a décidé d’accélérer la libération de stocks pétroliers et de donner la priorité au diesel dans le cadre du plan lancé en mars. Aux États-Unis, le département de l’Énergie poursuit de son côté l’exécution d’un programme coordonné de réserves stratégiques : le 29 septembre, il avait sollicité un échange portant sur jusqu’à 40 millions de barils, intégré à un engagement américain annoncé de 172 millions de barils.

La Chine doit en outre reprendre ses exportations de carburants raffinés après la pause de la Golden Week, d’après des sources commerciales citées par Reuters. Cette reprise pourrait soulager partiellement les marchés du diesel, de l’essence et du carburant aérien, mais ses effets dépendront des volumes réellement expédiés et de la fluidité des routes maritimes.

L’ouragan Isaias limite la détente

La baisse des prix est également freinée par les perturbations provoquées par l’ouragan Isaias dans le golfe du Mexique. Jeudi, les producteurs avaient interrompu environ 1,3 million de barils par jour, soit 62,9 % de la production en cours dans la zone, selon l’autorité américaine citée par Reuters. La durée de l’arrêt dépendra de l’inspection des installations et de la vitesse de redémarrage après le passage de la tempête.

Ce que ce repli signifie

Le recul de vendredi ne marque donc pas nécessairement un changement durable de tendance. Il traduit surtout une diminution momentanée du risque perçu après les déclarations américaines. Pour qu’une détente s’installe, le marché attendra des éléments concrets : progression des négociations, sécurité effective dans le détroit d’Ormuz, reprise des capacités du golfe du Mexique et arrivée réelle des volumes issus des réserves ou des exportations chinoises.

Sources

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